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Action culturelle Stereolidaire Publié le 30/01/2019

La culture, bien de première nécessité

Lancé en novembre 2017, le dispositif Stereolidaire permet aux personnes les plus précaires de bénéficier de places à des tarifs très réduits pour les spectacles de Stereolux. Mais aussi de tout un éventail d'actions vouées à se développer encore.


Concerts, ateliers créatifs et visites guidées au programme de Stereolidaire

"Nous sommes relativement bien nourris à Nantes, mais ce qu'il nous manque, c'est la nourriture culturelle". Tel est le message qu'ont fait passer les personnes précaires, venues en nombre à Stereolux en mars 2017 pour un temps d'échange organisé par l'association Des Liens, portée par le chanteur Dominique A.

Un déclic pour l'équipe de Stereolux, qui décide de créer à la rentrée de la même année un dispositif pour favoriser l'accession à la culture des personnes en difficulté sociale, économique ou en situation de handicap. Stereolidaire, c'est une billetterie solidaire à destination des bénéficiaires de relais sociaux, proposant des tarifs entre 2€ et 4€ pour tous les spectacles. Ce sont également des visites gratuites de l'équipement culturel, des ateliers créatifs autour du numérique, ou encore des concerts solidaires organisés dans le restaurant social voisin Pierre Landais...

C'est aussi un succès inattendu. De novembre 2017 à décembre 2018, 492 places ont été achetées au tarif Stereolidaire. Et si l'aventure a débuté il y 14 mois avec cinq structures partenaires, on en dénombrait pas moins de vingt-six en 2018.
 


 

Avoir (toute) sa place à Stereolux

Parmi ces structures, EclectiC Léo Lagrange, association qui accompagne les 16-25 ans du quartier prioritaire Nantes Nord dans leurs projets, et le programme « Hors les Murs », une école d'éducation populaire pour les jeunes migrants, parmi lesquels bon nombre de mineurs isolés en situation de précarité.

Liza Guillaume est engagée auprès de ces deux relais sociaux, en tant que salariée pour le premier et bénévole pour le second. "En tant que scène de musiques actuelles, Stereolux est un partenaire particulier pour nous, confie la travailleuse sociale. Une grande partie de sa programmation parle directement aux jeunes, notamment en hip-hop. Il est donc très facile de flécher des concerts susceptibles de plaire, puisque Stereolidaire a pour particularité de faire confiance aux relais sociaux, qui restent prescripteurs. L'an dernier, nous avons choisi les concerts d'Eddy de Pretto et de Kery James. Ces moments ont été très appréciés par les jeunes, qui ont compris qu'ils avaient toute leur place à Stereolux, lieu vers lequel ils ne seraient pas allés d'eux-mêmes".

Pour favoriser le sentiment de se sentir ici chez soi, une visite de la salle est régulièrement proposée en amont du concert. "Les personnes sont plus à l'aise quand elles ont déjà découvert les lieux et qu'elles se rendent compte qu'elles sont accueillies les bras ouverts comme n'importe quel public, confirme Liza Guillaume, même si, parfois, certains spectacles peuvent déstabiliser. Il en a été ainsi de la performance chorégraphique Con Grazia, diversement appréciée mais qui a ensuite été l'occasion d'échanges fructueux permettant de donner son avis en argumentant."

Pour les mineurs isolés, les concerts offrent aussi l'opportunité de travailler les textes des chansons en cours de français, voire de rencontrer leurs auteurs quand cela s'avère possible.

Autant d'actions à destination des plus démunis qui sont complétées par la brasserie de Stereolux à travers des repas et services offerts, en partenariat avec le Carillon. Ou encore à travers une déconsigne solidaire depuis janvier 2019, en partenariat avec la Cloche : les clients du bar peuvent faire don de la consigne de leur gobelet au profit d’associations accompagnant les publics précaires.

 

 

"La réussite de Stereolidaire nous prouve que lorsqu'on initie une démarche de médiation, les publics plus éloignés de la culture prennent plaisir à venir et découvrir, conclut Sonia Navarro, attachée à l'action culturelle à Stereolux. La collaboration entre structures culturelles et structures sociales de proximité est payante. Mais les besoins sont importants et nous butons sur une question de moyens. Nous invitons donc toutes les entreprises se sentant concernées à soutenir le dispositif ".  
Car la nourriture culturelle n'est pas moins essentielle à l'être humain que la nourriture physique.