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jeu. 25 nov. 2021 20H30

Yan Wagner · Silly Boy Blue

8€
12.60€
Guichet 13€
STEREOLUX Salle Micro
Debout
Organisateur : Stereolux

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Le dandy franco-américain qui vient présenter son troisième album en français dans le texte, une électro-pop 80’s synthétique de grande classe et la jeune ex-nantaise qui nous fera découvrir un premier album où elle traîne son spleen entre acoustique et électronique. Il y a une filiation évidente chez ces deux-là, entre mélodie et mélancolie.

Yan Wagner (FR)

Du point de vue de la sémiotique, le cas Yan Wagner s'avère fort intéressant : si l'on considère l'évolution graphique de ses couvertures d'albums, on constate un passage du noir et blanc minimaliste, à la sobre élégance et évoquant pêle-mêle l'expressionnisme, le Bauhaus, l'esthétique post-punk, à une imagerie colorée, vive et « désordonnée », comme celle de Conversions, son dernier EP de remixes. Une évolution qui épouse sa trajectoire musicale : la froideur technoïde et nocturne des débuts, mâtinée de new wave synthétique (son timbre de voix se rapproche d'ailleurs de celui de Dave Gahan – on pense aussi, pour la musique, à Kraftwerk, à D.A.F.) a laissé place à quelque chose de plus chaleureux, de plus glamour également – un glamour tout en dérision et en retenue flegmatique, qui n'est pas sans rappeler Baxter Dury – dû, entre autres, aux apports groovy et mélodiques d'élements de funk, de dub, de G-funk. Un parcours cohérent pour ce fondu de synthés, nouveau golden boy de la french touch avec sa techno-pop fantasmée, qui n'en oublie pas pour autant le songwriting. Sinon, pour le cas où certain·es se poseraient la question : non, aucun rapport avec le compositeur allemand.

Silly Boy Blue (Fr)

C'est l'histoire d'un maelström affectif – le titre du premier album de la jeune Nantaise (maintenant néo-parisienne), Breakup Songs, en dit d'ailleurs assez long à ce sujet, et son lot de déconvenues amoureuses, d'acmés mélodramatiques et de stigmates subséquents, qui en font l'arrière-plan narratif. Un tourbillon émotionnel donc, une mise à nu pudique (peut-être le choix de l'anglais implique-t-il une certaine distanciation), chantés dans le plus simple appareil – voix-guitare – ou avec de somptueux arrangements mélodiques, au gré d'élans paroxystiques, d'une sincérité confondante : une vulnérabilité affichée, qui recèle toutefois une grande force de caractère. Car c'est aussi une histoire de résilience, de sublimation, qui se cache sous les atours séduisants d'une dreampop moins évanescente qu'elle n'en a l'air, opiniâtre aussi. Au bout du compte, il s'agit toujours, entre deux chutes, d'apprendre à voler (comme le « Silly Boy Blue » que chantait Bowie). D'autant plus que l'on sait que les histoires d'amour finissent mal, en général.