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Publié le 15/05/2019

Scopitone 2019 au MiN : un patrimoine artistiquement dévoilé

En investissant l'ancien MiN du 12 au 22 septembre prochain, le festival prend une nouvelle ampleur à la mesure des lieux, tout en restant fidèle à son esprit de défricheur des cultures électroniques et numériques. C'est aussi l'occasion d'écrire une nouvelle page des partenariats tissés avec la SAMOA et Nantes Digital Week.

Le MiN (Marché d’Intérêt National), tous les Nantais connaissent de nom, mais peu y ont déjà mis les pieds. Et pour cause, ce centre de gros dédié aux produits alimentaires et horticoles (le deuxième de France après Rungis), déménagé cette année à Rezé, est réservé aux professionnels. En s'implantant sur son ancien site de l'île de Nantes, destiné à accueillir par la suite le nouveau CHU, Scopitone rend un dernier hommage (électronique et numérique) à cet équipement emblématique du patrimoine nantais, avant sa démolition totale d'ici juin 2020.
 

  
 

L'installation dans ce lieu mythique, plus exactement sous les énormes voûtes de l'imposante Halle à Marée, est aussi une manière d'inaugurer une nouvelle période pour le festival. "Depuis la première édition au Parc des expositions de la Beaujoire, puis la période Trocardière suivie de la friche Alstom, jusqu'au parcours dans la ville de ces dernières années, Scopitone n'a jamais cessé de muter pour coller aux évolutions artistiques et urbanistiques, explique Éric Boistard, directeur de Stereolux. Or, ces dernières années, on constate des évolutions majeures dans le champ des cultures numériques et électroniques, à la fois en termes d'offres artistiques, des usages et des demandes du public." Auxquelles Scopitone entend s'adapter dans son nouvel écrin éphémère.

Le festival pourra par exemple héberger des œuvres numériques de grandes dimensions, qui constituent une tendance artistique nette actuellement, mais qui nécessitent des lieux adaptés. Il doublera également sa durée, qui passera de 5 à 10 jours, épousant ainsi la temporalité de la Digital Week (dont il accueillera des événements). Il élargira aussi les horaires d'ouverture de ses expositions, dorénavant accessibles en soirée. Il favorisera enfin l’interdisciplinarité, permettant au public de naviguer d'une exposition à un concert, d'une performance arts numériques à un DJ set plus aisément que jamais.
 



L'accompagnement décisif de la SAMOA

L'implantation sur le site, propriété de Nantes Métropole, aurait été impossible sans l'accompagnement de la SAMOA (Société d'Aménagement de la Métropole Ouest Atlantique), partenaire historique de Stereolux*. "L'ancien MiN est actuellement un chantier avec des réglementations de sécurité précises, confie Jean-Luc Charles, directeur de la société publique locale d'aménagement. Nous faisons donc en sorte de livrer le site dans les meilleures conditions possibles pour accueillir le public, en délimitant le chantier de dépollution et de démolition sur un périmètre restreint".

Pour la SAMOA, l'accueil de Scopitone était tout naturel. "Cela renvoie aux relations très étroites que l'île de Nantes entretient avec la culture, poursuit Jean-Luc Charles. Les artistes et les acteurs culturels ont une action très intéressante dans la mesure où ils peuvent révéler ou transfigurer les sites. D'ailleurs Stereolux occupe lui-même une ancienne friche, les Nefs. C'est donc l'histoire qui continue."

Et celle de l'ancien MiN, comment se poursuit-elle ? Après le festival et en attendant l'ouverture du CHU, prévue pour 2026, le site va continuer à vivre, notamment grâce au projet de ferme urbaine de l'association La Sauge. Ce nouveau lieu intégrera des locaux susceptibles d'accueillir des industries créatives et culturelles, synthétisant ainsi 50 ans d'histoire de l'ancien MiN, de l'échange de victuailles en tous genres à l’accueil de Scopitone.

 


*Pour le Laboratoire Arts et Technologies à travers la Creative Factory, sur des éditions passées de Scopitone dans les anciennes Halles Alstom, pour l'implantation de Stereolux dans le Quartier de la Création...