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Arts numériques Publié le 21/05/2019

Rencontre avec Hc Gilje

Connu pour ses vidéos expérimentales, installations lumineuses et lives A/V, HC Gilje présente Radiant. Ce dispositif hypnotique joue avec les traces persistantes d'un rayon laser sur un revêtement phosphorescent.

 

Quels sont les ressorts de Radiant ?

Mon travail sur Radiant a commencé avec des réflexions sur l'idée d'extinction, de croissance et de décrépitude. Sur la manière dont les plantes se nourrissent de la lumière. Sur le laser dont la lumière est plus intense que les rayons du soleil. Sur les pigments naturels phosphorescents qui capturent la lumière et la restituent lentement sous forme de lueur verte (à l'époque de Galilée, on appelait ça des éponges solaires).

Radiant porte aussi sur la question du temps et de la vitesse : les flashs du laser contrastent avec les traces lumineuses qui s'estompent lentement. Il se passe des choses intéressantes dans la superposition de ces multiples empreintes enchevêtrées où l'on voit différentes échelles de temps, de durées qui coexistent à la surface du panneau. Pour le public cela fonctionne aussi de multiples façons, à différentes échelles (micro et macro).

 

   

 

Tu conçois tes installations comme des "conversations dans et avec l'espace" (par le biais de lumières, de projections, de sons, de mouvements…). En est-il de même avec Radiant ?

Normalement, ma démarche commence avec l'exploration de l'endroit où je vais concevoir une installation. Je viens avec mon matériel et j'expérimente méthodiquement pour créer une amplification ou transformation du lieu. Avec Radiant c'est un peu différent dans la mesure où j'ai fabriqué avant un grand panneau carré pour le light painting — celui pour Stereolux faisant 3,6 mètres de côtés —, sans vraiment penser à l'espace dans lequel il allait prendre place. Quoi qu'il en soit, l'installation est transformée par le lieu dans lequel elle est présentée et, inversement, elle a le pouvoir de transformer l'espace dans lequel elle est proposée. Et cela varie beaucoup selon l'environnement.

 

 

La présentation de Radiant sera suivie d'une performance : comment s'articule-t-elle par rapport à cette installation ?

La base matérielle de l'installation et de la performance est plus ou moins la même, c'est le processus qui diffère. Cette performance doit créer une expérience intense et captivante pour le public, tandis que l'installation est plus méditative. Radiant a été conçu au départ comme une boucle temporelle. L'installation devenant un lieu ou un état dans lequel on s'immerge. Comme le temps d'une performance live n'est pas circulaire, cela change radicalement l'expérience que l'on en fait. J'utilise le son mécanique produit par les miroirs laser, amplifié et diffusé sur des haut-parleurs, mais aussi enregistré et réinterprété pour créer de nouvelles strates sonores qui se superposent (comme les visuels). Radiant Live est une performance très contrôlée, alors que mes autres lives A/V sont de libres improvisations avec des musiciens ou artistes visuels. Ce sera la première fois où j'utiliserai ce processus sonore.

Propos recueillis par Laurent Diouf