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Arts numériques Publié le 29/01/2019

J'ai testé : entrer dans Shrink

Pendant 2 jours, mardi 22 et mercredi 23 janvier, six participants, recrutés à Nantes, ont participé à Shrink de Lawrence Malstaf. Une impressionnante installation dans laquelle les performeurs sont enfermés sous vide. Un spectacle aussi saisissant pour le public, intrigué par les ressentis de ces cobayes suspendus. Entendent-ils ? Se sentent-ils oppressés ? Comment respirent-ils ? Une fois remis de leurs émotions, ils répondent à nos interrogations en partageant leur expérience. 
 

" L'aventure me tentait tout d'abord par curiosité, fascination envers ces œuvres évocatrices de diverses imageries (issue de la science-fiction, de la société de consommation, image embryonnaire, un petit côté qui me rappelait Giger aussi, et de tableau vivant). Mais également par défi d'affronter un milieu non naturel,  le regard des autres et d'apprendre à contrôler son corps dans cette situation, qui me paraissait stressante. 

La première fois que je suis rentrée dans Shrink, c'était très impressionnant. J'ai eu l'impression que j'allais manquer d'air et j'ai commencé à paniquer, puis j'ai repensé à une amie qui m'avait parlé de son expérience avec la plongée.  

Elle m'avait dit que si on angoissait, on perdait ainsi tout l’oxygène que l'on avait dans sa bouteille. Je me suis donc calmée et détendue et tout est devenu plus agréable. 
Les fois d'après, je suis arrivée plus détendue dans l'installation et j'ai commencé à apprécier les nouvelles sensations que je ressentais dedans. Il ne s'agissait plus que du plastique et de moi, de sa pression sur mon corps. Ce qui est assez drôle ce que l'on ressent cette pression pendant un bon moment, après avoir été dedans.
Dans Shrink le temps semblait  suspendu, c'était un véritable moment de relaxation, mais aussi un défi, celui de maîtriser son environnement comme on pouvait,  en accord avec le plastique. Trouver son équilibre entre lui et moi. J’avais aussi la sensation de ne plus sentir le poids de mon corps, de flotter.
Parfois je regardais le public mais je le voyais flouté, j'ai reconnu quelquefois des personnes que je connaissais, mais je préférais souvent refermer les yeux pour me concentrer sur moi, mon souffle et cette sensation de bien-être.
Chaque fois que je quittais l'installation j'avais l'impression de renaître, de sortir de ma chrysalide de plastique. Un peu plus forte et assurée que quand j'y étais entrée. 
Maintenant que c'est fini, c'est un peu triste de savoir qu'on ne ressentira plus ces sensations. Mais cette expérience fut une très belle aventure humaine, ce fut incroyable." Amélie


"Une photo d'une peinture que j'ai faite après la répétition, représentant ma première entrée dans Shrink" (Amélie)

 

  

"Je suis aux Beaux-Arts, sans pratique performative. Je travaille la sculpture et notamment à partir de la mise sous vide de différents éléments. Shrink a été l'occasion de m'appliquer un procédé que je travaille. Mon retour : une expérience flottante, qui peut se révéler éprouvante."  Victor

"J'ai adoré participer à Shrink ! C'était une expérience incroyable, unique et très "foetale" ! J'ai éprouvé beaucoup de plaisir et une grande sérénité à être à l'intérieur. J'étais comme dans un cocon, tout en étant connectée au public qui nous observait. C'est une grande chance d'avoir pu servir le travail de Lawrence Malstaf." Marion

  

 

 

Photos : David Gallard