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Full Good, des repas solidaires préparés dans les cuisines de Stereolux

Publié le 16/06/2020

Installée dans les cuisines de Stereolux depuis juin, l'association Full Good, à travers son action ConfiFood lancée pendant le confinement, cuisine et distribue 700 repas solidaires par semaine. Simon Dufour-Emmanuel, directeur de l'association, revient sur cette initiative qui s'est structurée et organisée en quelques semaines seulement.
 

Comment est née l’association Full Good et quelle est sa mission ? 

Après un diplôme d’école de commerce, un poste dans un grand cabinet d’audit à Paris puis quelques années en tant qu’expert comptable, j’ai changé de vie et je suis parti un an aux Philippines pour travailler à l'insertion de jeunes adultes issus des bidonvilles, en leur redonnant confiance à travers une activité économique. 

En rentrant en France, j’ai eu envie de continuer dans cette voie en y apportant une dimension “alimentation durable”. J’ai créé l’association Full Good pour travailler à la fois sur le “bien manger” et l’inclusion sociale et professionnelle. Full Good porte deux projets : BAMe - bon à manger ensemble, une entreprise d’insertion à travers une offre de restauration, et ConfiFood, monté pendant le confinement en réponse à un besoin de précarité alimentaire.

On se rend compte que notre action à une dimension “nourrir des gens”, mais aussi “anti-gaspi” et “création de lien social”. Clairement, amener à manger c’est un outil au service du lien social. Ce qu’on va apporter, c’est non seulement un plat mais c’est aussi un sourire, un contact, un moment convivial. Cette dimension “lien social” est d'ailleurs valable autant pour les bénéficiaires que pour les bénévoles. Il y a plein de bénévoles qui viennent en se disant qu’ils n’ont pas le temps de s’impliquer 6h par semaine, mais en participant aux distributions qui durent 1h, entre 19h et 20h, c’est parfait après une journée de travail. Ils viennent servir des repas et aussi rencontrer des gens avec qui ils n'auraient jamais échangé dans un autre contexte. 
 

 

 

Comment avez-vous organisé votre activité et développé votre réseau de partenaires ? 

Pendant tout le mois de mai nous étions à Saint Herblain, à Pépigo, une cuisine partagée entre plusieurs traiteurs. Nous avons dû partir parce que les traiteurs revenaient travailler. C’est à ce moment là qu’on a toqué à la porte de Stereolux qui nous a ouvert les portes des cuisines du catering (restauration pour les artistes et personnes qui travaillent sur les événements). Il a été convenu que nous pouvons utiliser ces cuisines jusqu'à la reprise de l’activité, début septembre, ce qui nous permet de nous projeter sur juillet et août pour répondre à d’autres besoins sociaux. 
 

 
 

Nous avons mis en place une organisation qui permet de concentrer la partie production sur deux jours, les lundis et mardis à Stereolux. Nous stockons ensuite les repas mis en poches sous vide dans un camion frigorifique pour le reste de la semaine. 
 

  


Aujourd’hui nous distribuons une cinquantaine de repas à l'Hôtel social, c’est l’hotel Formule 1 à Saint Herblain qui accueille 80 personnes mises à l’abri par le Samu social. La trêve hivernale ayant été repoussée jusqu’au 10 juillet, nous allons continuer à servir les repas là-bas jusqu’à cette date.  

On fonctionne aussi avec un autre partenaire social sur Bellevue, un collectif qui s’est monté avec diverses associations locales, soutenues par la Ville de Nantes. On apporte des plats préparés en barquette qu’ils mettent dans leurs colis alimentaires, distribués ensuite aux bénéficiaires. Cela représente 200 repas par semaine.

Nous ne cuisinons qu'avec des invendus alimentaires issus aujourd’hui principalement de banques alimentaires. Pendant le confinement, nous avons aussi travaillé avec la Protection Civile, l’Autre Hangar, le MiN et nous avons eu un don de Biocoop Nantes Nord. C’est tout un réseau de partenaires qu’on doit développer aujourd’hui.  

 

    
 

On peut quand même dire qu'en terme d’organisation, cuisine, stockage, distribution, partenariats... on commence à être un peu rodés ! On s’entoure aussi de compétences avec des cuistots professionnels par exemple, car il y a des contraintes sanitaires à respecter, du matériel à maîtriser… Des travailleurs sociaux nous ont aussi rejoints, moi je suis plus sur la partie partenariats, en lien avec la Ville de Nantes. Lorsqu’on a lancé mi-avril ConfiFood, nous étions 5, aujourd’hui nous avons une centaine de bénévoles qui interviennent en cuisine et sur les distributions, de manière régulière ou ponctuelle.
 

Comment peut-on rejoindre / aider Full Good et comment voyez-vous l’avenir ? 

Nous avons toujours besoin de bénévoles. Il y a un doodle pour s’inscrire et c’est très simple, les gens s’inscrivent et ils viennent. Pour le moment nous travaillons qu’avec des bénévoles mais nous allons embaucher deux personnes à mi-temps, une sur la coordination de la cuisine (récupérer les invendus, préparer les menus, organiser les cuisines) et une autre personne sur la dimension coordination logistique pour les distributions et le développement de l'activité (nouveaux partenaires, nouvelles actions de l’association). L’idée est de rescencer les besoins sur la dimension "bien manger et lien social" auxquels Full Good peut répondre. Nous avons maintenant une organisation qui est carrée, structurée, il faut continuer d'identifier de nouveaux besoins et pérenniser l’activité de l'association. 

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