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JEU. 5 déc. 20H30

Concert

Stereotrip | Tbilissi

Eko & Vinda Folio + Anushka Chkheidze + Bedford Falls

Stereolux Salle micro Organisateur : Stereolux Placement libre debout/assis non garanti
9.60€
0€
Tarif sur place 10€

Stereotrip vous emmène à Tbilissi en Géorgie. En manque de liberté, la création locale rêve de grands espaces et la musique est un excellent moyen d’y arriver. Une jeune scène electro et pop foisonne, fébrile à l’idée de partager cela avec le reste du monde. Avec la cold rêveuse de Eko et Vinda Folio, l’electro engagée d’Anushka Chkheidze et l’indie pop de Bedford Falls.

Tbilissi

La scène clubbing européenne a rebattu les cartes depuis quelques années : on le sait, à présent Paris, Londres et Berlin ne mènent plus seules la danse et certaines villes de l'ancien bloc soviétique (entre autres) se sont muées en eldorados des clubbers et, dans le même mouvement, des militants LGBTQ. C'est le cas de Tbilissi, capitale de la Géorgie (au feu à gauche, puis tout droit jusqu'au Caucase Sud), qui en une poignée d'années s'est imposée comme une étape incontournable pour tout clubber en goguette : friches industrielles désertes, grands espaces, vie à moindre coût et jeunesse occidentalisée, goûtant à toutes les libertés (même si la Géorgie n'est pas l’État le plus progressiste et tolérant du monde), sont des atouts majeurs pour la scène electro de Tbilissi, à laquelle se joignent les autres communautés musicales locales – parce que son foisonnement artistique ne se cantonne à une seule famille musicale – pour bousculer joyeusement une société patriarcale rigide et réac (ce qui est un euphémisme et un pléonasme à la fois).

Eko & Vinda Folio (GE)

À Tbilissi, leurs mélodies sont sur toutes les lèvres. En France, c'est au label bordelais Talitres qu'on doit de connaître le duo tbilissien, qui a aussi bénéficié d'un coup de pouce (et de cœur) de la part de Motorama, groupe avec lequel il partage le goût des guitares languissamment mélancoliques et arachnéennes. Tel un Asylum Party caucasien, le duo dévoile un univers sombre, teinté d'une délicatesse et d'une pudeur drapées dans les déliés et les suaves rondeurs d'une langue caucasienne séculaire. Et s'il épouse les brumes cafardeuses de la cold wave, il laisse de côté ses rugosités, auxquelles il préfère les souplesses d'une pop rêveuse, propice aux déambulations nocturnes : une aventure toute intérieure.

Anushka Chkheidze (GE)

Si, jusqu'à présent, sa production discographique se limite à sa participation à la compilation Sleepers Poets Scientists, qui regroupe neuf productrices de musiques électroniques, la jeune Anushka Chkheidze peut se targuer d'un travail de création intense, qui dépasse son seul statut de DJ, puisqu'elle œuvre également pour le théâtre et le cinéma – domaines qui siéent parfaitement à ses élégantes compositions downtempo, précises, évocatrices, que l'on croirait écrites en laboratoire (d'ailleurs, ne porte-t-elle pas une blouse blanche blanche lors de ses prestations ?). Le caractère expérimental desdites compos ne doit cependant pas cacher leur nature souriante, enjouée, ni l'engagement d'Anushka Chkheidze, dans un pays en partie occupé par la Russie, et miné par la corruption et les entraves aux libertés civiques.

Bedford Falls (GE)

Qui n'a jamais pleuré en regardant, blotti das un moelleux fauteuil et armé de réconfortants chocolats, le fabuleux It's a wonderful life de Frank Capra (qui se trouve être également le titre du troisième album de Sparklehorse) ? C'est à Bedford Falls, localité typiquement américaine (c'est-à-dire blanche et protestante), que se déroule ce conte de Noël, fausse bleuette irrésistiblement caustique. Alors, le quatuor de garçons chevelus de Tbilissi voulait-il rendre hommage à Capra ou au groupe du défunt Mark Lindous ? La seconde option semble la plus plausible, d'autant que Bedford Falls évolue dans le même registre indie rock, même si sur un ton plus léger et badin que celui du regretté groupe de Virginie. La question demeure néanmoins en suspens.