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Terminé

SAM. 24 févr. 20H30

Concert

Le Beau Label | Teenage Menopause

JESSICA93 + COCKPIT + DELACAVE

STEREOLUX Salle Micro Organisateur : Stereolux Garage psyché Punk Placement libre debout
7€
11.60€
Tarif sur place 12.00€

le mot du programmateur

Libre, indépendant, éternel ado, underground, bordélique, chantre du DIY, nomade, c’est Teenage Menopause ! Le label sera dignement représenté par Jessica93, désormais en quatuor pour muscler son punk-cold-psyché sauvage, Cockpit et son “grunrage” brutal (avec des morceaux de JC Satan dedans) et Delacave dont le synth-punk suinte les froids de l’Est profond.

Teenage Menopause

Il y a les labels avec community managers, indices de productivité, optimisation médias et innovation de valeurs. Et puis il y a les labels comme Teenage Menopause : nomades (celui-ci gravite entre Paris et Bruxelles), indépendants, adeptes du DIY, avec des posters d'Hervé Vilard sur les murs. À chacun sa philosophie, et ses goûts.
Sans oublier que Teenage Menopause s'illustre grave dans le post-punk et autres musiques bizarres avec, en têtes de gondole, Jessica93, l'homme à la capuche, ce grand névrosé de Xiu Xiu, ou encore les excités de JC Satan – un catalogue foutraque donc, mais le foutraque, c'est son truc.

Jessica93 (Fr)

Ça a commencé avec une fulgurance : Who Cares, floraison maniériste sur fond de crack, rage hallucinée en mode glaciaire, cold wave plus froide qu'un mort, boucles vibrantes, one-man band vrillant. Début de malentendu aussi – lui pensait faire du shoegaze, avec distorsions à la pelle et rythmiques apocalyptiques – mais nevermind (the bollocks), ça fonctionne à bloc et, au billboard 2013, il talonne Daft Punk et Arcade Fire. Ou peu s'en faut. Grâce à Rise, il s'achète du matos de ouf et la presse spécialisée, titillée, lui pose des tas de questions plus ou moins malheureuses. Guilty Species enfonce le clou rouillé pour refiler le tétanos à l'humanité entière et l'achever dans un dernier spasme. À présent il est quatre, utilise le contrepoint aussi bien que Jean-Seb (Bach) et, si les kilos de réverb continuent d'alimenter un spleen qui a la consistance d'un parpaing dans le bide et les rythmiques martiales de marteler inébranlablement, son talent de mélodiste s'exprime à plein. Amateurs de fraîches bal(l)ades et de gazouillis d'oiseaux, passez votre chemin.

Cockpit (Fr)

Leur truc à eux, c'est la déflagration sonore, le dépassement du mur du son, la matière brute, brutaliste même. Garage-grunge (eux parlent de « grunrage »), punk-psyché – peu leur importe, l’essentiel étant de jouer vite et fort. À force de jouer dans les mêmes clubs de Bordeaux et de sa région (ô combien charmante) mais dans des formations différentes, de partager backstage les mêmes packs de bière, il fallait bien – engrenage fatidique – qu'ils montassent leur propre groupe. Chose faite avec Cockpit. Les quatre garçons (dans le vent et bien sous tous rapports), s'ils affectionnent les gros sons de guitare, ne se contentent pas pour autant de balancer leurs compos à la vas-y-que-je-te-pousse : chacune préfigure les orientations possibles d'un groupe qui, s'il ne craint pas les crashs (sur scène), explore ses propres potentialités.

Delacave (Fr)

Ils sont les éminences grises du collectif de la Grande Triple Alliance Internationale de l'Est, dont le dessein idéologique est encore mal identifié mais qui fédère tous les groupes activistes et déviants de l'Alsace-Lorraine. Eux, c'est Lily Pourrie et Seb Normal (qui officient également au sein de Le Chemin de la Honte), duo originel qui, depuis l'enregistrement de son deuxième album (If I Am Overthinking, Talk About Anything, Any Damned Thing), s'est mué en quatuor. Le groupe, lui, porte bien son nom, tant sa musique semble provenir des profondeurs du caveau : une synth-punk cendreuse, une « gloomy wave » sombre et enveloppante comme une nuit d'hiver, répétitive ou languissante, qui convoque Trisomie 21 et Suicide, et semble pourtant se gausser de sa propre neurasthénie. Certains attendent l'hiver ; eux SONT l'hiver.