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Technologie lavable en machine

La notion de textile intelligent n’est pas toujours très claire. on la rapproche, un peu malgré soi, de la marée d’objets connectés qui déferle sur le monde : bracelets jawbone ou fitbit, ceinture lumo, fourchette hapifork… Tous accessoires qui auscultent leur propriétaire en permanence, comptent ses battements de coeur, ses pas, ses entrées et sorties de calories. 
Le domaine des textiles intelligents est cependant infiniment plus vaste, et s’étend du génie civil à la mode en passant par les usages militaires ou médicaux et l’équipement de la maison. Ils permettent d’imaginer un tout nouveau monde technologique, comme l’illustrent ces quelques exemples.
/ Laurent Mareschal
 

INTERFACE SOUPLE ET PEAU MOTRICE

Le tissu – pourvu qu’il soit connecté – offre une interface souple et élastique. Ce sont ces propriétés qu’explorait Aaron Sherwood dans son installation Firewall, présentée à Scopitone en 2012 : la pression exercée sur une toile élastique modifie en temps réel l’image projetée sur cette même toile, ainsi que sur le son. La technique mise en oeuvre n’a pas grand-chose à voir avec les textiles intelligents, puisqu’il s’agit en fait d’un système analysant une image filmée de la membrane. Le résultat, lui, donnait une idée nette de la particularité d’une interface molle.

Certains types de polymères électroactifs permettent désormais de faire un capteur d’une fibre souple. La pression ou l’étirement de la fibre crée une décharge électrique qui peut être traitée comme un signal – ou bien récupérée, ce qui permet à ces matériaux d’alimenter en électricité leur usage. Ces technologies permettent d’envisager la réalisation d’exosquelettes souples, s’enfilant comme un vêtement. Et pourquoi pas, un jour, en utilisant les caractéristiques de déformation de certains polymères, des vêtements dont le matériau serait à la fois capteur et moteur.

ROBES MOUVANTES

Incertitudes, créée par la designer canadienne Ying Gao, est une robe blanche et argentée, hérissée d’épingles. Elle réagit au son, à la voix humaine, aux bruits d’ambiance, qui animent le matériau du vêtement : les épingles accentuent l’effet visuel et la robe semble parcourue de vagues. Cet effet est obtenu par l’usage d’un polymère électroactif, qui se déforme lorsqu’il est stimulé par un champ électrique (ici géré par un dispositif informatique miniature).

Dans le même ordre d’idée (celui des vêtements réagissant à un contexte), on peut signaler également la robe Intimacy du designer Daan Roosegaarde (dont Scopitone avait présenté l’installation Lotus Dome en 2013), robe dont la transparence varie en fonction des battements de coeur de la personne qui la porte.

Ou la Twitter Dress (Cutecircuit), dont les deux mille LED forment un véritable écran vidéo, capable par exemple d’afficher des tweets adressés au vêtement.

FILET DE SÉCURITÉ

Bienvenue dans le monde merveilleux des géotextiles.

On les utilise depuis de nombreuses années dans la construction des infrastructures, notamment pour renforcer (en répartissant les charges) et stabiliser le terrain qui les supporte. Les géotextiles peuvent désormais servir également à la détection d’éventuels mouvements ou dégradations du terrain. Le tissu intègre des fibres optiques, dans lesquelles on envoie à intervalles réguliers un signal, lequel, une fois traité, donne une image précise du réseau de fibres optiques. La déformation des fibres, sous l’effet de la chaleur ou du mouvement, modifie cette image, ce qui permet une surveillance constante et facile de l’état du terrain. C’est par exemple très utile pour l’entretien des voies de train à grande vitesse.

CYCLE «TEXTILES INTELLIGENTS» À STEREOLUX
Du 29 avr. au 12 juin 2015