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Musique Publié le 25/06/2019

Tartine de gabber [C'EST QUOI CE STYLE ?! EP.4]




 

Gabber, wtf is this ?

Avant toute chose, il faut bien le reconnaître, le terme n'est pas des plus sexy. Non plus que l'esthétique qui y est associée (celle, du moins, du gabber des années 90) – survêts amples, baskets pourries, crânes rasés... Le glamour, la recherche vestimentaire n'y ont pas leur place. Seuls comptent le son, le défouloir. La dope, aussi. Le gabber (« pote » en yiddish) cherche avant tout à s'éclater, à perdre le contrôle.

Car il s'agit également d'échapper à une condition sociale parfois peu reluisante : le gabber – le terme désigne la musique elle-même, comme ses adeptes – est né sur les quais de Rotterdam à la toute fin des années 80, et a rapidement prospéré parmi la jeunesse de la classe ouvrière des pays nordiques. Traînant dans son sillage une peu glorieuse réputation (usage pharaonique des drogues de synthèse, musique conçue comme un « assommoir », prolifération des bone heads...), le gabber devient, au mieux objet de condescendance, au pire cible de tous les mépris.

Le gabber pourtant résiste – les années 90 sont traversées par les compilations extraterrestres Thunderdome – avant de rentrer plus ou moins dans la clandestinité. Les années 10 sont celles de son retour en grâce : le gabber à nouveau intrigue et intéresse ; seulement, le survêt en polyester a fait place à d'autres oripeaux, plus actuels et revendicatifs (accessoires emo, paillettes queer), mais l'esprit de communauté demeure. Ce qui, paradoxalement, ne peut que profiter à la scène techno dans son ensemble – d'où l'expression « mettre du gabber dans ses épinards ».

BD