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Arts numériques Publié le 25/11/2019

Retour sur la résidence "Wonderful World" de Wilfried Thierry

Wilfried Thierry, artiste aux multiples facettes (vidéo, musique, numérique...) est un habitué de la maison. Après avoir présenté sur scène plusieurs ciné-concerts (Animal Animal, Alice in wonderland, Le fantôme de l'opéra), c'est cette fois du côté des "labos" que nous le retrouvons, en pleine création du jeu vidéo intitulé Wonderful World, présenté au Festival Premiers Plans à Angers en janvier 2020.
 

Pouvez-vous vous présenter ?

Boulimique et curieux, je touche un peu à tout en fonction de mes envies et mes projets. J’ai commencé par la musique (dans des registres allant du ciné-concert jeune public à la noise la plus débridée), puis j’ai découvert les arts plastiques avec une pratique qui oscille entre performance et installation souvent en lien avec le numérique, et depuis quelques années j’interviens aussi dans le spectacle vivant (création vidéo, scénographie numérique ou création sonore).
Aujourd’hui, mes activités professionnelles s’articulent entre mon poste au service communication au Quai à Angers (en grande partie sur le numérique) et mes activités artistiques.

Le déclic pour moi concernant le numérique a été la découverte de Max/MSP en 2000. Je me suis plongé dans cet outil afin de chercher des nouvelles formes d’expression pour la scène, l’installation et la performance. Ces recherches ont abouti à des projets, soutenus par l’Olympic à l’époque.
Depuis deux ans, je travaille autour des moteurs de jeu vidéo , un rêve qui m'avait toujours semblé inaccessible. Je me suis plongé dans les possibilités offertes par ces outils, tout en me nourrissant des nombreux apports théoriques publiés sur le médium.  Cela m’amène aujourd’hui à intervenir parfois à Laval 3Di et à écrire pour la revue Immersion.

 
 

Pouvez-vous nous parler de cette nouvelle création sur laquelle vous travaillez ?

Le jeu vidéo porte en lui une dimension performative, un rapport à l’espace et au temps-réel, que j’avais envie d’explorer. Et en avançant sur cet objet, je me suis rendu compte que si je voulais que le public éprouve réellement ce rapport à l’infini, l’espace d’exposition était plus pertinent. Il fallait un moyen pour que l’œuvre semble éternelle – qu’elle pré-existe à l’arrivée du public et qu’elle se poursuive à son départ.
J’ai donc commencé à travailler sur ce qui s’appelle aujourd’hui Wonderful World il y a plus d’un an. J’ai reçu une aide de la Région, dans le cadre du dispositif ARTEX, qui a permis de faire exister ce projet, Laval 3Di est également devenu partenaire du projet. J’ai donc pu travailler confortablement à la réalisation de ce diptyque qui a été nourri par les rencontres à l’école de Laval avec les enseignants et intervenants et les étudiants dans le cadre d’un workshop.

Concrètement, ce projet est très simple, il s’agit de deux « jeux vidéo » – je n’ai pas trouvé d’autre appellation, mais il ne s’agit pas réellement de jeux puisqu’ils sont dénués d’objectif – qui proposent des déambulations dans des espaces infinis. L’un s’appuyant sur un horizon toujours repoussé et l’autre sur une chute inévitable et perpétuelle. J’avais envie, dans cette forme simple, de donner à expérimenter au « joueur » des grands mythes tels que celui de Sisyphe ou d’Orphée, une approche cosmogonique de notre condition humaine. Et de le faire dans un rapport intime à l’œuvre – une manette, un joueur – qui parle aux sentiments intérieurs. Je les vois comme des tableaux interactifs, ils impriment dans la rétine et le pavillon auditif une sorte de transe hypnotique à celui ou celle qui se laisse happer. J’avoue être très sensible aux Dream Machines qui ont précédé certaines mécaniques des jeux vidéo qui ont émergé par la suite.
 

 
 

Quels sont les objectifs et les différents axes / temps de travail de cette résidence ? 

Wonderful World sera présenté à la Collégiale Saint Martin à Angers, dans le cadre du Festival Premiers Plans, en janvier 2020. Cette résidence avait donc pour objectif de finaliser les deux objets et de travailler sur leur cohabitation sonore. Je souhaite qu’ils soient présentés en face à face, dans le même espace sonore, il fallait donc travailler à la cohérence entre les deux. Par ailleurs, à travailler en grand format, je me suis rendu compte de quelques imperfections qui sautent aux yeux car les tableaux sont très minimalistes. J’ai donc profité de ce temps pour affiner le tout avant l’exposition.
 

  



Que venez-vous chercher à Stereolux ? 

Dans la région, Stereolux est un point d’ancrage incontournable dès qu’on parle d’art numérique. Il y a une équipe experte et tout le matériel qui permet de travailler de manière optimale et confortable dans un échange constructif.
 

Quelle est la prochaine étape pour vous ?

Il y aura donc l’exposition à Angers, puis je vais essayer de faire tourner le projet.
J’ai déjà en tête un autre projet d’exposition qui s’appuie sur le moteur du jeu GTA V, pour les curieux il y a quelques pistes dans l’article que j’ai écrit pour le numéro 4 de la revue Immersion qui traite de la question de l’empathie dans le jeu vidéo.