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Arts numériques Publié le 08/01/2019

Lawrence Malstaf, rencontre du 3ème type

Lawrence Malstaf est un ovni. À la fois performeur et plasticien, cet artiste belge propose des expériences sensorielles hors du commun, plaçant le corps au centre de ses créations. Assis dans l’œil du cyclone, emballés sous vide entre deux tranches de plastique, en mouvement en quête d'utopie, les corps des visiteurs, qu'il considère comme co-acteurs de ses oeuvres, entrent en scène. Avant d'être accueilli à Stereolux les 22 et 23 janvier, Lawrence Malstaf en dit plus sur ce parcours en trois oeuvres qui ne vous laissera pas indifférent ! 
 

Trois propositions sont programmées à Stereolux : Shrink 01995, Nemo Observatorium 02002 et DIY - Manual for a potential future.
Quel est l'intérêt de les présenter ensemble ? En quoi sont-elles complémentaires ?

C'est en fait un choix du programmateur Cédric Huchet :-) Shrink et Nemo sont deux projets plus anciens, alors que DIY est une nouvelle création. Ils impliquent tous une relation directe et souvent physique avec le public. Ces trois environnements ne sont pas figés, ils se transforment dans le temps. 

That was actually a choice of the curator Cedric Huchet :-) Shrink and Nemo are 2 older projects while DIY is brand new. They all involve a direct and often physical relation with the audience, 3 environments that  transform over time, rather than finished objects. 
 


 

En effet dans chacune de ces pièces, le public est mis à contribution.
Comment l'intégrez-vous dans votre création ? Qu'attendez-vous de lui et quelles réactions observez-vous ? 

Shrink a été intialement pensé pour être une expérience créée et vécue par le public, tout comme Nemo. Pour cette fois, ce sont des personnes sélectionnées à Nantes qui participeront à la performance Shrink, après avoir suivi un court atelier en amont.

J'aime intégrer de "vrais" individus dans mon travail. Leur interaction avec l'installation, leur réaction, leur sens de l'observation ajoutent une dimension dramatique aux créations. Les visiteurs deviennent modèles ou performeurs dans chacune d'entre elles. C'est leur présence qui complète le travail : l'homme et la machine, la femme dans l'oeil du cyclone, etc.
De la même manière dans DIY  le public est impliqué dans des actions collectives pour créer des images et des situations qui n'auraient pas été possibles sans lui. 

Shrink was originally designed to be experience by the audience one by one, just like Nemo. But in this case its purely a performance by people from Nantes that will be following a short workshop the days before. I like to include real people in my work.Their interaction with the installation, their response, their way of observing adds a dramatic layer to the work. The visitors become models or  performers for each other.  It’s their presence that completes the work: the man and the machine, the woman in the eye of the storm etc. Also in D.I.Y the audience is involved in collective  actions to create images and situations that wold not be possible without them 


 
 

Justement pour votre dernière performance DIY - Manual for a potential future, créée avec Statex et présentée pour la première fois en France, vous mélangez théâtre, danse, experiences physiques...
Quel est le propos de cette création et comment la culture “DIY / maker"  vous influence-t-elle ? 

Je suis sérieusement enthousiasmé par la culture "DIY / maker" ! Je pense que c'est un antidote sain contre la culture de consommation passive, dans laquelle les gens sont de plus en plus dépendants des grandes entreprises qui essaient de tout commercialiser et privatiser (comme par exemple Hakuna Matata).

Internet, par exemple, permet de partager sans limite la connaissance et la technologie gratuitement. C'est important de s'instruire et de croire aux nouvelles possibilités qui s'ouvrent alors. Nous avons besoin de faire mieux que de nous plaindre de ce qui ne va pas en ce moment. Nous avons besoin de construire nous-mêmes de nouvelles utopies. N'attendons pas que les choses se fassent d'elles-mêmes. 

I’m a serious maker enthusiast and I think it’s a very healthy antidote for the passive consumer culture where people are made more and more dependent on big business that tries to commercialise and privatise everything. (Hakuna Matata)
The internet for example allows to share limitless knowledge and technology for free and it’s important to acknowledge and believe in the new possibilities this brings. We need to do more than complain about what’s wrong now. We need to construct new utopias ourselves. Don’t wait for it to happen.