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Arts numériques Labo Arts & Techs Publié le 26/09/2017

J’ai testé : la visite pro de Scopitone

Nicolas Houel, adhérent à Stereolux, a suivi une visite des expositions destinée aux professionnels et aux amateurs éclairés et guidée par Coline Feral ingénieure spécialisée dans la robotique et l'informatique industrielle.

Photos © David Gallard


Quoi de mieux, dans le cadre de Scopitone 2017 et de ses expositions numériques dispersées à travers la ville, que de s’offrir le plaisir d’une petite visite commentée par une professionnelle de la robotique ?

Tout commence au Passage Sainte-Croix, à l’ombre du beffroi et dans la fraîcheur de l’espace d’exposition. C’est Samuel Saint-Aubin, artiste autodidacte montréalais qui ouvre la danse. Il nous propose cinq œuvres uniques qui mettent à l’épreuve nos sens face aux mouvements millimétrés de ses créations où le déséquilibre, maîtrisé à la perfection, nous absorbe dans une transe contemplative dont seule l’exposition permanente de la galerie, actuellement dédiée à Tim Franco, parvient à nous détacher. Un régal multiple donc, rehaussé par l’humilité et le naturel de l’artiste, qui s’exprime à la manière d’un passionné au discours accessible, rare.

  


Au petit trot sous le soleil, direction le Château des ducs de Bretagne. L’an dernier, les œuvres exposées avaient soulevé quelques sourcils, parfois étonnés, parfois circonspects. Autant vous dire que cette année, les installations sauront trouver chez vous la fibre à faire vibrer. De l’obscurité à la semi-pénombre, commencez par vous allonger sous le plafond média de Wilfried Della Rossa et Before Tigers (n’hésitez pas à jouer des épaules, mais doucement quand même) qui vous offrira une interprétation visuelle et sonore des concepts relatifs à la naissance de notre univers, une sorte de petit planétarium de poche où il fait bon s’allonger, le tout dans un château.

 


On descend d’un niveau et on arrive face aux créations de Flavien Théry. Honnêtement, ses œuvres viennent d’ailleurs ! L’ensemble du travail de l’artiste couronne le parcours du château. C’est fin, délicat, sensé, précis et, même si le travail de l’artiste s’installe dans un champ d’illusions d’optiques déjà exploré il y a quelques décennies, l’ambiance ténébreuse des salles du Château des ducs nous offre un regard où le contraste entre les lieux et leur contenu devient signifiant.

 


Puis la dernière étape, l’Orangeraie du Jardin des Plantes de Nantes, où s’est installé le duo Nonotak pour une œuvre cinétique, Narcisse V.2. Si les artistes produisent autour de leur création un discours léché, la réalisation finale me laisse cependant sur ma faim. Posée dos au mur, l’installation ne révèle que partiellement les qualités spatiales du lieu et le travail de lumière perd de sa consistance face au jeu, pour sa part très réussi, de pilotage des miroirs carrés. N’hésitez cependant pas à y aller, car l’accès à l’œuvre passe par la serre de l’Orangeraie, un véritable délice visuel et olfactif !