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Arts numériques Publié le 21/09/2018

J'ai testé : Entropia - performance immersive sous dôme

La Société des Arts Technologiques (SAT) Montréalaise s’installe, dans le cadre de Scopitone 2018, dans la cour du Château des Ducs de Bretagne.

Le duo franco-québécois Fraction & Starnault y propose l’œuvre Entropia, une performance visuelle et sonore imaginée pour répondre aux spatialités uniques du dôme à 360°.  Une fois avisés du caractère épileptique de la séance, nous sommes invités à nous installer bien confortablement au sol. C’est étendu de tout mon long dans l’espace obscur de la géode que j’ai pu apprécier la performance des deux artistes.

Au départ un peu circonspect, immersion rimant à mon sens avec dissimulation complète et parfaite des dispositifs techniques (les vidéoprojecteurs, consoles, câbles, structures sont entièrement apparents dans le dôme), le duo m’a tranquillement mais sûrement fait clore les deux lèvres une fois le show lancé.

Closes, elles ne le sont pas restées longtemps. Sans en faire trop j’ai, et plutôt rapidement, ouvert la bouche aussi grand que les yeux et les oreilles pour profiter au maximum des secousses que subissaient mes sens. Hypnotiques, les séquences visuelles et sonores sont véritablement immersives. À tel point qu’en l’espace de quelques minutes, on se demande combien de temps a pu passer, s’il fait encore jour à l’extérieur, si la cour du château est bien réelle derrière la toile hémisphérique dans laquelle nous sommes une petite cinquantaine, enfermés, allongés et absorbés par ce qui se déroule autour de nous.


C’est brutal et doux à la fois. Les sons sont agressifs, les images souvent psychédéliques, et pourtant, paradoxalement, le spectacle est une savoureuse berceuse pour les sens. Pas la berceuse soporifique non, la berceuse qui nous veut du bien, qui sait nous tenir éveillés en nous libérant des petites doses d’adrénaline correctement mélangées avec de subtiles touches d’endorphine, un cocktail de choix pour les addicts des scènes immersives.
 


 

Tout est géré à merveille. Après nous avoir emmenés loin, très loin, le retour à la réalité est assuré avec beaucoup de délicatesse. Nous savons que la fin est proche, les rythmes ont changé, et pourtant, ça ne nous dérange pas, tant le voyage était bon.
 

Par Nicolas Houel