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Musique Publié le 28/10/2016

FOREVER DANDY

Pour son retour à Nantes, Neil Hannon a fait la paix avec The Divine Comedy. A Stereolux, le crooner et songwriter pop irlandais signe une mise en scène loufoque et un set harmonieux.

On l’avait laissé seul sur scène, puissant et intimiste, guitare-piano-voix. C’était il y a 6 ans, Neil Hannon venait de plaquer son label, son groupe et sa grandiloquence baroque, avec pour tous bagages, sa liberté et son nom : Neil Hannon, affranchi donc de ses 10 albums sous la bannière  The Divine Comedy, peu de temps après le mitigé Bang goes the Knighthood. « On voyageait léger » se souvient son manager de toujours, Warren, au sortir des balances. Et de poursuivre « J’ai le souvenir de cette tournée solo de Neil en 2010 ». Très loin donc des tour bus habituels. « 4 personnes seulement à bord d’une simple voiture au départ de Malaga. Il nous a fallu presque 2 jours pour rejoindre Marseille, où l’on donnait la date suivante ». La cause ? Une grève des contrôleurs aériens espagnols.
 

 

On retrouve le crooner irlandais plus entouré à Stereolux, à Nantes, première ville de sa tournée en France, après trois semaines de concerts au Royaume-Uni. Hier soir, le combo reformé The Divine Comedy a réuni 6 musiciens, où accordéon, guitare électrique et orgue se côtoyaient. A 21h et des poussières, Neil Hannon entame le set avec 2 titres de son dernier album Forever Land, - Kathrin the Great et How can you live me on my own ?, puis revisite très vite ses classiques, National Express, Something for the Weekend, héritage de son passé rock, the Certainty of chance, the Lady of a certain Age,…en bon songwriter pop habité et délicat. Mais ce qui surprend ce soir, c’est cette impression d’avoir atterri dans un cabaret. Le dandy certes abonné aux faux-airs de trublion nous livre un véritable numéro du genre, à grands renforts d’accessoires : chapeau melon pour la caution british, caméra vintage pour son amour du cinéma, bruitages, jusqu’à l’interlude rythmée par la voix enregistrée de Jane Birkin, où les musiciens esseulés par Neil, se servent en toute décontraction, des petits ballons de rouge.
 

Reprise de Generation Sex de l'album Fin de Siècle (1998) en live à Stereolux

 

C’était pour mieux nous faire patienter avant le retour du dandy en …habit de Napoléon ! Un rien provocateur lorsqu’il décline la Marseillaise à la flûte, avant d’entonner the Frog Princess, le tout saupoudré d’un humour ravageur et d’une pose –la posture est restée aux vestiaires- dandy qu’il assume à merveille, savamment distillée entre ses chansons. Car fidèle à son compatriote feu Oscar Wilde, Neil Hannon sait en toutes circonstances considérer les choses graves avec légèreté et les futilités avec gravité. Il excelle et surprend dans cet art. Très tôt, le public nantais est conquis. A la faveur d’un rappel très chaleureux, Neil Hannon et ses acolytes reviennent interpréter le tourment adolescent de Songs of Love et terminer en beauté sur l'enlevé et existentiel Tonight We fly. Plus qu’un album souvenirs, en l’espace de presque 2 heures de générosité, Neil Hannon et the Divine Comedy se sont réconciliés. Serait-ce qu’on appelle la maturité ? Rendez-vous dans 6 ans.

 

Par Karina Ykrelef