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Musique Publié le 08/09/2017

NANTES : LE FESTIVAL SCOPITONE PLUS TECHNO QUE JAMAIS, MAIS TOUJOURS AUSSI ÉCLECTIQUE

Depuis près de 15 ans, le festival nantais dédié aux arts numériques,Scopitone, fait gambiller son public avec une affiche éclectique, où la musique électronique côtoie allègrement le rock ou la pop. Cette année, le festival revient avec un line-up plus dur et plus pointu, laissant la techno s’infiltrer dans tous les sillons de sa programmation. Jean-Michel Dupas, programmateur de Scopitone, nous parle de ce tournant dans la ligne artistique du festival.

Photo en Une : Scopitone © David Gallard

Depuis 2002, le festival Scopitone prend place à Nantes, juste à la fin de l’été, investissant tour à tour une quinzaine de lieux emblématiques de la Cité des Ducs, du Musée d'arts de Nantes au Passage Sainte-Croix. En 2015, on y retrouvait The Shoes ou Django Django. Quelques années plus tôt, c’est C2C, Juveniles ou Christine and the Queens qui tenaient la barre. Des noms résolument pop-rock, qui se mélangeaient à des Jon Hopkins et autres Max Cooper. Si chaque festival a ses traits distinctifs, on ne sait jamais trop à quoi s’attendre avec Scopitone. Les artistes grand public coudoient les pointures et les projets sortant à peine du berceau.

 

Cette année, la part belle est laissée à l’expérimentation, au renouveau et aux artistes alternatifs. Entre techno incisive et downtempo aérien, la programmation du Scopitone 2017 n’a rien à envier au Sónar et autres festivals colossaux où la musique électronique règne en maître. « On faisait déjà beaucoup de techno les autres années mais c’était sur un format plus court. Cette année on se retrouve avec une affiche presque entièrement dans ce style musical, mais ce n’était pas forcément quelque chose de prémédité » nous explique Jean-Michel Dupas, programmateur du festival depuis ses débuts. Une programmation techno si pointue et diversifiée, un hasard ? On peine à le croire.

Pourtant, Scopitone n’a pas pour vocation de devenir un festival de chapelle, où les grands-messes électroniques auraient mis de côté les guitares. « L’idée de Scopitone c’est de toujours se réinventer. On a rarement gardé les mêmes lieux plus de 3-4 ans et on a toujours essayé de faire évoluer la programmation. Sur plusieurs années, on a fait des line-up complètement différents, on ne veut pas rester sur un seul schéma. Renouveler le format et le contenu, c’est quelque chose d'important. L’année prochaine on sera peut-être dans un autre lieu, avec une programmation complètement différente, on fera peut-être plus de live avec des groupes pop-rock, rien n'est figé. »

 

 

Si cette année, le Scopitone affiche une programmation très penchée sur la musique répétitive, c’est aussi parce que la tendance est à taper du pied. Le re-boom de la techno influence indéniablement les programmations de nos chers festivals, et Jean-Michel Dupas ne s’en cache pas. « On suit indéniablement l’actualité musicale, et effectivement, la techno et tous ses dérivés sont vraiment de retour ! Les musiques électroniques comme les cultures numériques évoluent tellement vite que si on ne suit pas toutes ces tendances, on peine à se réinventer. C’est logique de se laisser porter par l’actualité musicale. Mais on ne se force pas, on trouve qu’il y a vraiment des choses ultra intéressantes dans ce genre musical » Et ce revival techno fait inévitablement baisser la côte des autres tendances musicales « Cette année, on avait peut-être moins de projets pop-rock qui nous intéressaient et qui tournaient. »

Même si cette seizième édition est placée sous le signe de la techno, sachez que la programmation du Scopitone n’en reste pas moins éclectique et pleine de surprises. De la techno conceptuelle de Demian Licht on passera facilement à la dureté d’AZF ou l’apesanteur de Floating Points.

« On essaye toujours de présenter plusieurs facettes de la musique électronique. On tente de passer de l’ambient à des choses un peu plus martiales ou tech-house. On essaye aussi de mettre en avant les jeunes artistes, comme cette année Kelly Lee Owens ou Giorgia Angiuli… Mais toujours entourés de figures tutélaires, qui ont construit l’histoire de la techno, comme Michael Mayer, Dopplereffekt ou Pantha du Prince ».

Un programme à ne manquer sous aucun prétexte.

 

Par Mélanie Vitry
En partenariat avec Trax