Logo Stereolux
Arts numériques Publié le 14/11/2017

Du « made in Stereolux » à Taïwan (et inversement)

Pays modeste par sa taille et son identité trouble (province pour la Chine, île indépendante pour ses habitants) Taïwan s’est imposé, en quelques mois, comme un partenaire majeur et prometteur de Stereolux avec l’organisation de deux événements, l’un à Nantes, l’autre à Taipei.

Depuis bientôt une décennie, Stereolux tisse des liens privilégiés avec les arts numériques venus d’Asie. Après l’accueil de nombreux artistes japonais à Scopitone et les récents échanges fructueux - notamment en terme d’action culturelle - avec la Corée, l’année 2017 est marquée par une collaboration naissante et prometteuse avec Taïwan. « Taïwan regorge de projets effervescents et très pertinents » remarque Cédric Huchet, programmateur arts numériques et multimédia à Stereolux. « C’est une île qui culturellement se réveille et nous réveille en la regardant. Elle a une place particulière en Asie, loin de l’image obsolète du « made in Taïwan » que l’on a parfois encore en tête ».
À Taipei, le partenaire privilégié de Stereolux se nomme Fly Global. Le travail commun effectué deux ans durant avec cette association financée par le National Culture and Arts Foundation (équivalent local du Ministère de la Culture) a permis la présentation d’un spectacle taïwanais en ouverture de Scopitone en septembre dernier. La danseuse et chorégraphe Su Wen-Chi (référence dans son pays avec sa compagnie YiLab) a présenté W.A.V.E. Ce solo de danse hors-norme porté par une scénographie lumineuse et cinétique questionne notre rapport aux technologies, comme elle a eu l’occasion de l’expliciter à des scolaires dans le cadre d’une masterclass au Centre Chorégraphique National de Nantes.

Beatbox ligérienne à Tapei

En juillet, c’est Stereolux qui faisait le voyage vers Taïwan invitant Ezra, beatboxeur rompu aux nouvelles technologies, au Songshan Cultural and Creative Park de Taipei. Dans un décor de friches industrielles réhabilitées, l’artiste ligérien de renommée internationale a donné deux ateliers (un pour le grand public, l’autre pour des initiés, artistes ou développeurs) ainsi qu’une performance.
« Avec son approche très généreuse et didactique, il a fasciné son auditoire », se souvient Cédric Huchet qui y voit aussi le résultat positif d’un « choc des cultures » plébiscité par les pays asiatiques partenaires de Stereolux.

« Je salue toujours leur faculté à être demandeurs de rencontres culturelles alors qu’ils pourraient très bien décider de privilégier des interventions d’artistes du pays, Taïwan a en plus quelque chose de particulier, un rythme de vie et de pensée un peu à l’Occidentale, un état d’esprit très ouvert et poreux, lié peut-être à ce réflexe insulaire d’aller vers les autres ».

La preuve, un partenariat au long cours entre Fly Global et Stereolux est déjà envisagé et devrait se préciser dans les mois qui viennent, scellant la volonté des deux acteurs culturels d’échanger leurs savoir-faire et leurs pratiques dans une démarche toujours pleine de curiosité et jamais donneuse de leçons.