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Action culturelle Scolaire Publié le 16/04/2019

Backstage / Interview de Flavien Berger

Cinq élèves du Lycée de La Herdrie en Terminale - section Européenne, ont interviewé Flavien Berger à l'occasion de son concert à Stereolux le 14 février 2019. Confidences et souvenirs au programme...

 

Capucine : As-tu un rituel avant un concert ?

Flavien Berger : J’ai, en effet, un vieux rituel : acheter des fleurs. J’achète des fleurs pour les mettre sur scène, comme ça c’est un peu la fête. Je ne m’oblige pas à faire le parcours habituel qui consiste à arriver dans une ville, aller directement dans la salle, décharger le matériel, manger un morceau, faire les balances, et tout d’un coup, la nuit tombe et « ça ne rate pas, tu as le bourdon ». C’est ça tout le temps, ce rituel habituel que je veux casser. Donc, si on peut arriver dans une ville et aller faire un petit détour chez un fleuriste, acheter des fleurs, voir quelles sont les fleurs de saison, celles de la région, ça permet déjà de mettre un petit brin de kiff. C’est mon rituel, sinon je n’ai pas de rituel particulier avant de monter sur scène.


Célestine : Est-ce que il y a des musiques que tu écoutes en cachette ? Certaines dont tu es un peu honteux ?

Flavien Berger : Non, car la musique ça ne doit pas être honteux. Non, je n’y crois pas trop à ce truc de honte, enfin ça voudrait dire quoi, que mes amis se moqueraient de moi si j’écoute un truc ? Ce serait de drôles d’amis parce qu’on écoute la musique que l’on veut, et je pense que c’est bien l’un des seuls terrains qui nous appartient. Par exemple, je sais que ça étonnerait des gens, mais hier et aujourd’hui, j’ai écouté l’album d’Ariana Grande « Thank u, next », et bien, ce n’est pas vraiment la culture musicale des gens qui m’entourent. En même temps, la musique maintenant, la pop culture est tellement partout que ce serait snob de dire « oh ! ça, je n’écoute pas » alors que ceux qui travaillent sur Ariana Grande, travaillent sur plein d’autres projets qu’on écoute... En fait, je veux dire que Ariana Grande, ce n’est pas parce que c’est hyper mainstream, mais elle vient de sortir un album, elle est dans tous les tops charts du monde, on connaît tous ses chansons forcément. Dans ma génération on aime bien être curieux et dire « ah j’ai trouvé ce truc là, c’est inconnu, il y a 5 vues sur Youtube, il n’y a plus de vinyles en vente depuis 15 ans ». C’est cool dans ma génération de trouver des trucs que personne n’écoute. Mais, à l’inverse, je n’ai pas honte de dire que j’écoute des trucs que tout le monde écoute, après je ne sais pas si je kiffe, mais je kiffe aussi par curiosité.
 


Léo : Comme tu es un adepte de l’improvisation, travailles-tu cette discipline en amont ou est-ce que tu te laisses simplement emporter ? Y-a-t’il une trame ?

Flavien Berger : Je ne fais pas de séances d’improvisation tout seul chez moi, mais oui, il y a des trames. Je n’aime pas trop ça, mais il y a des trucs qui sont kiffants à faire.
Il y a des trames pour me lancer, mais elles me servent surtout à me lancer, comme une sorte de tremplin, ça me donne un élan, et ensuite je me laisse balader. L’idée c’est d’essayer de faire des rimes au maximum. La perspective d’une rime (perspective, parce que c’est à l’horizon, elle va devoir arriver. Un peu comme dans le jeu Guitar Hero, il faut être prêt) est, oui, une contrainte. En tout cas, je n’ai pas de séances d’improvisation pour me muscler, j’essaye de faire en sorte que mes impros soient authentiques.
 

Zoé : Quelles sont tes influences ?

Flavien Berger : Il y a un groupe qui m’a beaucoup marqué, le groupe psychédélique Suicide des années 80, dans le sens où il permet d’accéder à des états d’écoute altérés comme si on prenait de la drogue ou si on était dans des rêves. Psychédélique ça vient aussi de l’onirisme donc du monde du rêve.
En fait, Suicide (groupe New-Yorkais composé de Martin Rev et Alan Vega formé en 1970 et séparé en 2016 après le décès d’Alan Vega) emprunte à beaucoup de genres différents pour en faire son propre genre. Il emprunte beaucoup au blues (une musique noire américaine de lamentation, très connotée Gospel et, en même temps très proche du Diable). Il y a toujours cette idée de malédiction, de course après l’amour, cette idée de Destinée très présente et en même temps, ils arrivent à faire un truc assez sensuel.
J’aime bien aussi Grimes (Claire Boucher, artiste canadienne) parce qu’elle est auteur-compositrice-interprète. Quand j’ai commencé à faire des lives, j’ai d’abord regardé comment elle faisait, ça m’intéressait. C’est mixer à la fois le chant, l’improvisation, lancer des pistes, faire des solos.
Il y a encore quelqu’un d’autre qui m’a énormément inspiré quand j’ai commencé à faire du live, c’est Reggie Watts (artiste américain). Il fait de la musique, un peu du stand-up, et d’improvisation. Il met en scène des discours qui n’ont ni queue ni tête et en même temps, il fait de la musique et il se boucle.
La boucle c’est hyper important dans ma musique, que ce soit des boucles de mesure qui se répètent ou ma voix que je boucle : quelquefois la voix elle s’accumule, elle s’accumule (tout ça ce sont des boucles que l’on enregistre sur la même zone de temps). Reggie Watts arrive à le faire avec des discours un peu méta : c’est une mise en abîme, parler du fait que tu es en train de parler. En quelque sorte, ça se mord la queue, et en tant que spectateur, cela crée une distanciation : « toi, tout un coup tu te rends compte de ce que tu es en train de vivre, il y a à la fois l’enchantement qui disparaît, mais, en même temps il y a de l’adrénaline du genre « waouh », tu te sens vivant et j’aime bien ».
 

Lisa : Est-ce que tu te souviens de ta première chanson écrite (sujet, âge..) ?

Flavien Berger : Oui je m’en souviens bien. Je crois que c’était une chanson de rap. J’étais en sixième et ça s’appelait « Les guerriers de l’Apocalypse ». C’est d’ailleurs le moment où j’ai compris comment fonctionnaient les mesures. J’avais une feuille à carreaux et avec la taille de mon écriture je me suis rendu compte que sur une mesure rythmique, quand mon écriture atteignait la fin de la feuille, ça me faisait ma barre. Ça m’a permis de comprendre le système métrique du rythme, savoir accélérer ou aérer en fonction du nombre de mots ; en gros, ça m’a appris à chanter, à poser ma voix sur une rythmique : trouver le sens du rythme, le sens de la syncope, savoir bien terminer et recommencer au bon moment…
Cette chanson, je ne me souviens plus vraiment de quoi elle parlait, c’était un peu du genre mystique guerrier. Mais, je me souviens très bien du moment où, en écrivant les quatre premières mesures, j’ai compris comment ça fonctionnait parce que j’écoutais beaucoup de musique, beaucoup de rap, de musique nord-américaine. Mon cerveau avait déjà imprimé le sens du rythme.
Il faut savoir que notre cerveau a une surface qui est hyper complexe, avec plein d’aspérités, et en fonction des expériences que l’on vit, ces aspérités changent. Ces expériences vécues modèlent physiquement la taille du cerveau. Cela a un impact direct sur la matière, c’est hallucinant !
C’est-à-dire que demain, si on évite une voiture, on se fait mordre par un chien ou si on embrasse quelqu’un que l’on a toujours rêvé d’embrasser, notre cerveau va changer.
Par conséquent, je me suis dit que c’était exactement la même chose pour la musique. Mon cerveau a été modelé d’une certaine manière, de sorte que, quand j’ai commencé à écrire des rythmes, des rimes, ça s’est en quelque sorte encastré comme il fallait.

 


Pendant les balances dans la grande salle

 

Capucine : Et tu as commencé à chanter en 6ème ou juste écrire ?

Flavien Berger : Non, non, j’ai commencé à écrire, chanter juste pour moi, et j’ai commencé vraiment à chanter en seconde/première (on ne parle même pas d’enregistrer la voix). J’ai commencé à enregistrer mes morceaux à ce moment là. Après le CD, il y a eu cette technique qui n’a pas marché mais qui pourtant était mortelle, c’était un mini CD dans une cartouche. Tu pouvais enregistrer, effacer, ré-enregistrer autant de fois que tu voulais. A l’époque graver des CD c’était inenvisageable, alors le minidisque c’était de la super qualité. J’enregistrais la radio avec mon minidisque et à un moment, je l’ai fait aussi pour la télévision. Je faisais la musique sur ma console de jeux vidéo et je sortais le son de ma console de jeux vidéo sur mon minidisque, après je l’écoutais et j’enregistrais le soir, le lendemain j’écoutais. Mais, une fois que c’était enregistré je n’avais plus de traces, ça ne tenait pas dans la capacité de stockage de la console. C’était juste comme si on gravait un vinyle, hop, c’est fini tu ne peux plus y retoucher.


Capucine : Est-ce que ça t’arrive d’appréhender un peu la relation avec le public avant un concert ou même pendant ?

Flavien Berger : Oui beaucoup, tu peux l’appréhender de pleins de manières différentes. Il y a cette idée d’appréhension, donc oui ça me stresse. Il y a quelque chose qui me stresse, un peu comme aujourd’hui, c’est quand les gens ont acheté leurs billets parce qu’ils veulent venir me voir, parce qu’ils connaissent ma musique. Et, quand les gens connaissent ma musique, ça veut dire qu’ils ont un rendez vous attendu, ça veut dire aussi qu’il y a une possibilité de déception. Voilà, je peux entendre : « ah ouais c’est dommage j’aimais bien le disque, c’est pas mal mais je préfère à la maison » là, tu es « ah, putain » dommage.
Mais ça peut aussi être l'inverse. Ce que j’aime bien c’est jouer dans des endroits où les gens ne me connaissent pas, forcément ils ne vont pas être déçus, ils vont, peut être juste réagir en disant : « bof, je vais voir autre chose » et puis, s’ils découvrent et qu’ils aiment bien, là, il y a quelquechose qui se passe. Les concerts qui m’ont fait le plus stresser ce sont les plus grands concerts à Paris. Mon premier grand concert c’était dans une salle qui s’appelait « le Coin Ephémère » il y avait 300 personnes ! Après, j’ai fait La Cigale (1 200 personnes) et l’Olympia (2 800 personnes). Pourtant, j’avais fait la première partie de Christine and the Queens dans les Zéniths, à l’époque de son premier album. Il y avait 6 000 personnes, mais je n’étais pas stressé pour un sou, parce que je n’avais rien à perdre.
Il faut réussir à trouver le bon angle pour que les gens ne soient pas déçus. J’appréhende la déception. Une fois j’ai joué au festival Lévitation à Angers et il y a quelqu’un au premier qui m’a crié d’arrêter. Là j’ai beaucoup stressé, car je ne m’y attendais pas, et ça m’a complètement déstabilisé. Il suffit d’une personne, d’un petit maillon. Peut être que j’ai déjà joué devant plein de gens qui ont été déçus, mais je les voyais pas. Donc ça dépend aussi où on focalise son attention.



Léo et Zoé
 

Célestine : Qu’est-ce que tu aimerais qu’on retienne de ton nouvel album « Contre-temps » ?

Flavien Berger : Je me suis rendu compte à la suite de la tournée de mon premier album Léviathan que les gens dans la salle aimaient tous un morceau différent. Il y avait des gens qui aimaient plutôt, les chansons d’amour, d’autres les chansons douces, électros, drôles, tristes, et d’autres où ça tabasse… J’aimerais bien que ça reste comme ça, qu’on ne soit pas unanime sur la définition qu’on donne à ce disque. L’unanimité, le consensus sur une oeuvre ça me fait peur, car ça ne s'aère pas, c’est confiné. C’est comme si on restait trois jours dans cette pièce : l’air serait vicié. C’est pareil pour une oeuvre ; si on est tous d’accord, il n’y a pas de débat, et s’il n’y a pas de débat, il n’y a pas d'aération et pas d’idées qui circulent.
 

Léo: Tout à l’heure, tu as parlé de tes influences musicales. Comme tu travailles beaucoup tes textes (rimes par exemple), on se demandait si tu avais des influences littéraires, pour t’inspirer au niveau de l’écriture de tes textes ?

Flavien Berger : Oui, bien sûr ! Mais ce genre de questions me crée des trous d’évidences (rires). C’est tellement évident que c’est du vide. Il y a un poète que j’aime beaucoup qui s’appelle René Char.
C’est un avis personnel, mais pour moi, la poésie c’est le top de l’art, même si elle n’existe que dans une seule langue, et que ce n’est pas vraiment universel.
J’ai lu récemment un recueil de poèmes de Maïakovsky (un poète russe). C’est super beau, j’en comprends le sens avec la traduction mais je sais aussi que je ne pourrais jamais vraiment ressentir ses poèmes comme si j’étais russe.
Parmi les poètes français, c’est avec René Char, la première fois où j’ai eu l’impression de voir quelqu’un qui déplace de l’air, comme cette légende du « airbender » avec les moines Shaolin (une caste de moines en Chine, qui a créé un art martial pour se protéger de l’invasion des Mandchous. Ils vivent dans des palais et s'entraînent toute la journée pour être les plus habiles au combat.) J’ai l’impression que les poètes sont des personnes très habiles qui peuvent te retourner en deux secondes (comme Jackie Chan dont je suis très fan). Quand je lis René Char, j’ai vraiment cette impression, il maîtrise des concepts et des mots qui font que mon esprit en deux secondes, il est au sol. J’ai eu cette impression avec beaucoup de poètes, mais l'une des premières fois c’était avec René Char, je n’avais rien compris à ce que je venais de lire alors qu’il n’y avait que quatre lignes. Je pourrais en parler pendant des heures (rires).
 

Zoé : C’est quoi la place que tu aimerais donner à tes textes, on a souvent l’impression qu’ils pourraient être parlés, comment tu les équilibres avec la musique et tous les effets dont tu parles ?

Flavien Berger : Il y a un rappeur, John Waye qui dit que de toute façon ce qu’on retiendra de sa musique ce sont ses textes et que la musique on s’en fout.
La musique c’est formidable, elle peut nous permettre de raconter un peu n’importe quoi, une mélodie ce sont des mots. Une fois, j’étais en train de chanter devant une fille qui était Serbe et qui ne comprenait pas le français, les yeux fermés elle suivait les mélodies avec sa main. Là je me suis dit : c’est mortel ! Je peux me permettre de raconter n’importe quoi s’il y a de la sincérité et si c’est bien amené, ça lui parle.
Maintenant, je vais dire l’inverse, car je me suis quand même rendu compte que si on n’écoutait pas le morceau, mais qu’on le lisait comme un texte qui a du sens, là c’était gagné. D’une certaine manière ce sont les mots qui restent.
J’ai deux manières de travailler : je note des mots, des idées. J’ai écrit une chanson l’autre jour qui commençait comme ça « il est sous – cieux/ elle est sur - terre », ce sont des idées qui viennent comme ça sans y penser, sans rien faire ! Après je m’en sers comme d’un herbier : j’ouvre cette feuille-là, elle me paraît bien, et, hop je fais un collage. Il y a aussi des moments d’écriture qui sont plus de l’ordre de l’inspiration que de l’improvisation : on peut être là à regarder par la fenêtre et il y a quelque chose qui monte et on se laisse aller, mais ça c’est plus quand j’écris pour moi. Ce n’est jamais « j’ai mon instrument, il faut que je trouve un texte ».
Brutalisme c’est un morceau simple qui parle d’idylle avec l’idée que ça ne peut pas tenir, je n’ai jamais autant bossé sur un texte (rires) alors que ce sont que des mots hyper simples. C’est que je voudrais, que chaque mot utilisé soit vraiment chargé, qu’il ait du sens maintenant et plus tard.
 

  
Célestine et Léo



Lisa : Si tu devais faire écouter ton nouvel album à un style de personnes ou à une personne en particulier, ce serait qui ?

Flavien Berger : J’aimerais le faire écouter à des musicien.nes baroque, même si la culture à l’époque était plutôt réservée aux hommes, juste pour me prendre une grosse claque. Je voudrais leur faire écouter et voir ce qu’ils ne comprennent pas. Faire une sorte de voyage dans le temps. Comme ça j’emmènerai mes potes et nous irions faire un voyage dans le temps.
Dans l’idéal, évidemment, c’est de le faire écouter à quelqu’un qui potentiellement ne peut pas le comprendre parce qu’il y a trop d’éléments et du coup créer une discussion, lui expliquer comment on en est arrivé là, comment on utilise des samples de batterie, les effets sur la voix et de la compression. Enfin, je ne sais pas bien, c’est la première chose qui m’est venue.


Célestine : Est-ce que tu peux nous raconter quelque chose de spécial ou un évènement qui te serait arrivé pendant un de tes concerts ?

Flavien Berger : J’étais à un de ces concerts où les gens viennent pour moi, c’est à dire qu’il y a mon nom sur l’affiche, ce n’était pas à un festival. C’était à Bruxelles, dans une petite salle. Je vis à Bruxelles, j’ai grandi en France à Paris et j’ai bougé à Bruxelles il y a 3 ans (j’ai l’impression que ça fait 3 ans que je dis que j’ai bougé il y a 3 ans).
C’est une salle aménagée dans une ancienne serre de Bruxelles où l’on faisait pousser des plantes, c’est un centre de concert (un peu comme ici à Stereolux), où il y a une petite et une grande salle « le Botanique » et « la Rotonde ». Il y a 300 places dans la petite salle, « la Rotonde », elle est disposée de manière à ce qu’une moitié soit la scène et l’autre, la fosse, un peu décalée en fait, parce que sinon ça n’a pas de sens ce que je raconte. Et donc, j’aime bien casser les codes du concert, je n’ai rien inventé mais j’aime bien descendre dans la fosse pour un morceau qui s’appelle “Trésor” où les paroles sont très simples ; c’est “les mâchoires serrées au milieu du trésor, les mains sur le sol, les yeux dans les yeux”. Avant d’être chanteur, j’étais prof et avec mon école quelquefois j’emmenais mes étudiants à Berlin pour aller faire la fête dans un club qui s’appelait “le Trésor”. A un moment, on s’est accroupi on sentait vibrer les basses et quand on se relevait le son changeait complètement parce que les gens bloquent le son, donc il n’y a plus de fréquences aiguës et quand on se relève il y a les fréquences aiguës, et là on se rend compte qu’elles sont directionnelles alors que les fréquences basses elles ne le sont pas, elles sont partout.
Tout ça pour dire que je suis à Bruxelles dans cette salle, je chante cette chanson écrite sur cette expérience personnelle et je me dirige au milieu de la fosse, et naturellement, sans réfléchir, sans rien préparer, je m’accroupi comme à Berlin. Petit à petit, quelqu’un s’accroupi aussi, puis un autre, puis tout le monde. Je fais mon morceau, je me relève et je n’utilise plus mon micro, je crie et la musique revient. J’ai décidé de le faire à chaque fois pendant ma tournée, n’importe où. Je ne veux pas que les gens s’accroupissent ou se mettent à genoux, je voudrais juste qu’on kiffe et en fait c’est le kiff de se lever. J’ai vu qu’Angèle par exemple elle fait ça sauf, qu’elle, elle reste sur scène et elle dit : “tout le monde se met accroupi, 1,2,3 tout le monde se lève”, en fait c’est un truc que tout le monde utilise depuis longtemps.
Donc d’une expérience vécue, une autre arrive et devient un système. J’ai arrêté de le faire parce que je ne voulais pas qu’on dise “Ca, il le fait à tous les concerts”, mais là je vais le refaire quand même parce que ça me manque et c’est kiffant.