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jeu. 03 mars 2022 20H30

Les Nuits de l’Alligator : Pokey Lafarge + Jontavious Willis

11€
15.60€
Guichet 16€
STEREOLUX Salle Micro
Organisateur : Stereolux

L’Alligator est de retour, portant sur son dos le plus cool des américains, Pokey Lafarge, ses chansons ensoleillées et intemporelles nourries de blues, ragtime, et country 50’s mais aussi Jontavious Willis, jeune bluesman prometteur de Georgie.

Les Nuits de l'Alligator #16

Puisque les cro-co-co, les cro-co-co, les crocodi-leus, ces feignasses jetlaguées, sur les bords du Nil sont partis se faire dorer le cuir, n'en parlons plus et préoccupons-nous plutôt de l'alligator qui, lui, ne succombe pas aux charmes factices du tourisme de masse et des croisières low cost, et ne sort de son bayou que le temps de quelques Nuits, au cours desquelles il présente ses dernières trouvailles en matière de blues et autres musiques qui lui sont affidées (au blues, pas à l'alligator) – avec, pour cette seizième édition, de la country de honky-tonk, du blues bien roots, du western swing des grandes plaines alluviales du glorieux Mississippi. Les crocos ne savent pas ce qu'ils ratent.

Pokey LaFarge (US)

C'est un coup de Pokey : le p'tit gars de l'Illinois, après avoir exploré le côté obscur de sa force dans Rock Bottom Rhapsody, album hanté par ses démons, revient à la lumière, et tropicale même. En effet, In the Blossom of their Shade est gorgé de sonorités caribéennes, avec tout plein de steel drum rieur et de déhanchements calypso dedans, qui côtoient des ambiances rock 50s, des ballades country-blues et des pianos de bastringue, donnant irrésistiblement envie de boire un milk-shake au volant d'une Buick, ou une caïpirinha dans un transat (ou de danser, tout simplement). On l'aura compris, Pokey LaFarge est un caméléon, toujours occupé de nouvelles colorations sonores, tout en offrant à ses compos ce vernis vintage au petit goût d'intemporel. Cohérent dans sa diversité, coloré comme une volière, nonchalant et optimiste, In the Blossom of their Shade, c'est, après la catabase d'une âme en peine, la remontée vers la lumière – et un bréviaire de l'americana.

Jontavious Willis (US)

Less is more : seul sur scène avec sa guitare, son sourire et sa tchatche déconneuse, le jeune homme originaire de Géorgie semble habité par un séculaire esprit blues, celui qui lui fait raconter, avec sa guitare acoustique et le culot propre à son âge, des histoires immémoriales d'amours déçues, de déboires en tous genres, de routes éternellement arpentées – le tout avec une voix chaude et soulful, qui s'est longtemps (ré)chauffée au gospel (autodidacte, il a appris la musique à l'église), et une coolitude qui lui permet d'embarquer son public en une blague et deux accords – à la manière de Muddy Waters ou de Lightnin' Hopkins. Ragtime, hill country, ballades R&B : Jontavious s'autorise tout et n'oublie rien des origines rurales d'une musique que l'on croit trop souvent moribonde pour qu'elle s'empêche, de temps à autre, de facétieusement nous rappeler comme elle est terriblement vivante.